Collectif du 21 octobre

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On ira jusqu'au bout!

14/08/2016 - Lu 12532 fois
Texte lu au rassemblement du 20 octobre 2012 sur la place Bellecour

Avec ce rassemblement, nous entamons 12 heures de lutte, de témoignages, 12 heures de mémoire pour marquer le 2ème anniversaire de la GARDE A VUE GEANTE EN PLEIN AIR totalement illégale, qui a été expérimentée sur cette même Place Bellecour le 21 octobre 2010, en pleine mobilisation sur les retraites et qui a coupé en 2 une manifestation qui allait commencer.

Le jeudi 21 octobre 2010, entre 13h30 et 19h30, plusieurs centaines de personnes, majoritairement des jeunes, voire des mineurs, ont été privées des libertés fondamentales d’expression et de libre circulation alors qu’elles étaient venues rejoindre le cortège d'une manifestation autorisée, ou passaient simplement pour se rendre à leur travail ou ailleurs. Ces personnes ont été séquestrées sans aucune justification, sans explication, étant dans l’impossibilité même d’assouvir leurs besoins vitaux. Beaucoup d’entre elles ont été insultées, humiliées par les forces de police, l’ensemble des personnes ont été flashballées, aspergées de gaz lacrymogènes, arrosées avec des canons à eau en l’absence de toute provocation ou rébellion.

Par ailleurs, de nombreux témoins rapportent des actes discriminatoires et racistes des forces de l'ordre tout au long de l’après midi. En effet, même si la répression a frappé tout le monde ce jour là, elle a frappé, plus durement encore, les jeunes issus de l’immigration post-coloniale, qui ont fait l’objet de traitements spéciaux.
• Quasi-systématiquement refoulés aux exfiltrations,
• Quasi- systématiquement fichés et photographiés.
• Une grande partie a été probablement mise en garde à vue lors de la levée du dispositif puisque 2 bus sont repartis pleins à 19h30.

La préfecture se défend de tout abus de pouvoir et affirme que l'opération visait à contrôler une foule de casseurs. Le collectif du 21 octobre, regroupant des personnes séquestrées et 42 organisations affirme qu'il s’agit d'une « garde à vue » en plein air bafouant les libertés fondamentales et totalement illégale.

Il accuse les services de la sécurité publique
• De détention arbitraire, de violation des libertés individuelles et du droit de manifester,
• D’avoir mis en place un mécanisme discriminatoire et raciste, qui a permis de trier les bons et les mauvais manifestants au faciès.
• De violences et provocations, avec la méthode dite, entre autres, « de la bouilloire » ou « kettling ».

Pour cela le collectif du 21 octobre a engagé une procédure judiciaire avec :
• le 21 janvier 2011 : un dépôt de plainte auprès du  Procureur, qui est resté sans réponse.
• le 29 juillet 2011 : un 2e dépôt de plainte avec constitution de « partie civile »

Après une tentative de délocalisation de l’instruction rejetée par la Cour de Cassation ( en janvier 2012), l’affaire est aujourd’hui instruite à Lyon

Avec cette démarche, nous voulons que les organisateurs de ce dispositif de répression préventive, aggravé par des faits de discriminations et de racisme répondent de leurs décisions devant un tribunal. Ces méthodes policières, qui semblent à priori ne pas faire de « casse » physique sont d'une violence terrible : humiliation physique et morale du fait de l'enfermement, impossibilité de réaction de l'individu qui se sent « pris au piège », division entre les personnes emprisonnées « les blancs d'un côté, les autres de l'autre » comme l'ont rapporté des témoins , ou «  les plus vieux sortent, les jeunes restent » mais division aussi à l'extérieur « on ne les lâche que si vous avancez » dira la police. Tout cela aura crée à Lyon un avant et un après 21 octobre et aura en partie contribué à la fin du mouvement contre la réforme des retraites, en particulier en brisant la jonction avec la jeunesse.

Cette fameuse méthode dite du 'kettling' n'est pas nouvelle. Elle a été encore largement utilisée au Québec contre les étudiants. Le mouvement des indignés l'a aussi subie en France et ailleurs.
C'est pour combattre cette montée en puissance de la violence policière et par solidarité avec ceux qui en sont victimes (en ce moment à la ZAD de Notre DAME DES LANDES), mais aussi en Grèce, en Espagne, partout où les individus luttent pour défendre leurs droits que nous disons :


NON ! ON N' OUBLIE PAS !

ET

NON! ON NE LACHERA RIEN !


ON IRA JUSQUAU BOUT POUR QUE CES PRATIQUES LIBERTICIDES DANGEREUSES POUR LEURS CONSEQUENCES SUR LES PERSONNES ET LA DEMOCRATIE SOIENT CONDAMNEES ET
INTERDITES PAR LA JUSTICE

 

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