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L'UMIR, nouveau jouet d'Hortefeux

08/01/2011 - Lu 32289 fois

source : Le Monde.fr | 23.12.10 | 10h12  •  Mis à jour le 23.12.10 | 15h14

Contre les émeutes, police et gendarmerie font brigade commune



Des membres de la nouvelle unité mixte d'intervention rapide (UMIR), à Grenoble, le 23 décembre.Benoit Pavan

Voilà déjà trois semaines qu'ils s'entraînent en toute discrétion à Saint-Egrève (Isère) un terrain militaire situé à proximité de Grenoble. Après avoir reçu en catimini il y a deux semaines, la visite du directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, les hommes de la nouvelle unité mixte d'intervention rapide (UMIR) créée dans la capitale des Alpes, ont reçu dans la matinée de jeudi 23 décembre et cette fois en grande pompe, le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux.

Dernier avatar parmi d'autres des brigades chargées de rétablir l'ordre public, cette unité est destinée à faire face aux émeutes qui peuvent survenir dans les quartiers sensibles – comme ce fut le cas en juillet à La Villeneuve à Grenoble. Elle est composée de policiers et de gendarmes, et devrait être portée sur les fonts baptismaux début janvier 2011.
Formée de 23 policiers et de 9 gendarmes recrutés au sein d'unités déjà existantes, elle n'est dans les faits, qu'une équipe mobilisée en fonction des circonstances. "Au quotidien elle n'existe pas", relativise une source policière. "Cette unité ne sera pas permanente, l'Etat n'ayant pas les moyens de créer de nouvelles structures", précise le colonel Jean-Valéry Lettermann, commandant du groupement de gendarmerie de l'Isère. Entre deux incidents ou émeutes, les "spécialistes" du maintien de l'ordre qui la constituent resteront attachés à leur unité habituelle au sein de la gendarmerie ou de la direction départementale de la sécurité publique.


"ON N'ENVERRA PAS N'IMPORTE QUI AU CASSE-PIPE"


Pour l'heure, cette initiative, présentée comme inédite, se limite à Grenoble. Outre qu'elle officialise le rapprochement police-gendarmerie amorcé tout au long de l'année écoulée, elle devrait s'étendre sur l'ensemble du département.
Encouragée par le préfet Eric Le Douaron, un ancien policier nommé dans l'Isère après les incidents de La Villeneuve, la mise en place de cette UMIR pourrait servir de laboratoire au niveau national. Son commandement sera confiée au directeur départemental de la sécurité publique ou au colonel de gendarmerie, selon qu'elle sera appelée à agir en zone police ou en zone gendarmerie.
Plus vite et plus fort, telle pourrait être sa devise. Assistée d'une brigade canine spécialisée, sa mission sera notamment de procéder dans les meilleurs délais aux interpellations des meneurs. Toutefois, elle ne devrait être mobilisée qu'en cas de force majeure. Notre volonté, c'est de l'utiliser le moins possible. Il ne faut pas la banaliser. Un peu comme l'arme atomique, elle a "vocation à ne pas servir", souligne le colonel Lettermann.
Pour le principal syndicat de policiers, SGP Unité-Police, ce dispositif supplémentaire qui, en termes d'effectifs, a un effet totalement neutre, répond toutefois "à un besoin réel, car avec une telle brigade, on n'enverra pas n'importe qui au casse-pipe". Son représentant grenoblois, Daniel Chomette, aime à rappeller qu' "en 20 ans, Grenoble, qui a augmenté sa population de 20 %, a perdu 200 policiers", alors que dans le même laps de temps, "la délinquance s'est professionnalisée".


Yves Bordenave (avec Benoît Pavan à Grenoble)

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